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Prix Laurette Fugain attribué à Damien Gheldof

Ce jeudi 2 avril, Damien Gheldof, doctorant au NTHC (Namur Thrombosis and Hemostasis Center) a reçu le prix Laurette Fugain 2014 dans la catégorie "Bourse jeune chercheur espoir". Ce prix, qui récompense ses travaux de recherche innovants sur la leucémie, lui a été remis lors du congrès de la Société Française d’Hématologie.

On le sait, le risque de thrombose est élevé chez les patients atteints de leucémie aiguë, myéloïde ou lymphoïde, mais à l’heure actuelle on n’en comprend pas encore toutes les raisons. L’aspect multifactoriel, comme l’immobilité physique, les effets propres liés à la chimiothérapie ou encore la surexpression de plusieurs protéines par les cellules malignes ont souvent été évoqués. Au sein du NTHC, Damien Gheldof a testé une autre hypothèse basée sur le rôle joué par les microvésicules libérées par des cellules cancéreuses dans le développement des thromboses.

Damien Gheldof, doctorant au sein de l’équipe des professeurs Jean-Michel Dogné (UNamur) et Christian Chatelain (CHU Mont Godinne), étudie l’activité prothrombotique de certaines lignées de leucémie aiguë. Leurs travaux ont démontré qu’une des lignées de leucémie aiguë produisait des microvésicules avec une activité prothrombotique et que cette activité était liée à la présence de facteur tissulaire et de phospholipides chargés négativement (deux activateurs de la cascade de coagulation). Ces microvésicules joueraient donc un rôle majeur dans le développement de thrombose chez les patients, et pourraient induire des thromboses ou des coagulations intravasculaires disséminées.

Il est également connu que la plupart des chimiothérapies utilisées contre les cellules leucémiques augmentent le risque de thrombose. C’est pourquoi, l’équipe namuroise a étudié leurs effets sur l’activité prothrombotique des lignées cellulaires et des microvésicules. Les résultats ont montré que le traitement augmente effectivement l’activité prothrombotique des cellules ce qui peut être expliqué par la plus grande exposition de phospholipides chargés négativement  en surface. De plus, le facteur tissulaire inactif à la surface de certaines lignées est aussi activé par le traitement. Au-delà de l’effet sur les cellules, les chercheurs namurois ont montré une augmentation de l’activité prothrombotique des microvésicules, qui est surement liée à l’activation du facteur tissulaire et à l’augmentation du nombre de microvésicules produites par les cellules.

Ces premiers résultats in vitro sont très prometteurs et soutiennent fortement l’hypothèse du rôle prépondérant des microvésicules positives au facteur tissulaire dérivées des cellules cancéreuses dans le développement de thrombose chez les patients atteints de leucémie aiguë. Ces résultats ont été confirmés sur une population de patient atteints de leucémie aiguë. Cette étude fait l’objet d’une publication en soumission dans le journal Heamatologica, et démontre l’intérêt des microvésicules comme biomarqueur du risque prothrombotique.

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