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Vivre dans une grande ville : quel impact sur la santé ?

Habiter une grande ville vous surexpose au risque d’attraper la grippe, mais vous protège d’être diagnostiqué diabétique ou de mourir d’une crise cardiaque. C’est ce qu’a révélé une étude menée par Luis Rocha, chercheur au Centre Namurois des Systèmes Complexes (naXys), Renaud Lambiotte, directeur du naXys et Anna Thorson, chercheuse à l’Institut Karolinska à Stockholm. Ces résultats leur ont valu une publication dans le Journal of Urban Health.

Une grande ville est-elle un lieu de vie plus sain que la campagne ? Comment les problèmes liés à la santé dépendent-ils de la taille d’une ville ? Des questions posées à la base de cette étude qui fait le constat suivant : les maladies infectieuses (telles que le SIDA, l’hépatite, la méningite,…) sont plus fréquentes dans les grandes villes, tandis que les maladies non infectieuses (le cancer, la crise cardiaque,…) et les suicides tuent davantage hors des zones urbaines. Les citadins souffriraient également moins d’obésité dans les grandes villes.

Une étude de coefficients

C’est sur base d’un coefficient d’allométrie permettant de comparer la croissance relative d’un indicateur par rapport à celle d’un autre indicateur, que les chercheurs ont mené cette étude. Ils ont corrélé les données relatives à la population de grandes villes du Brésil, de Suède et des Etats-Unis avec des données concernant la santé : les maladies infectieuses, les causes externes de décès (accidents de voiture, suicides, abus d’alcool), les morts non infectieuses, mais aussi la mortalité infantile et l’avortement.

Vie citadine ou rurale, que choisir ?

La réponse à cette question est loin d’être évidente. Certes, les grandes zones urbaines offrent des avantages. L’accès facilité aux hôpitaux et aux soins spécialisés, l’exercice physique plus régulier et la nourriture saine éloignent les risques de diabète ou de crise cardiaque. Cependant, la population plus élevée et le nombre de contacts plus fréquents entre les personnes permettent aux maladies contagieuses de se répandre plus vite. Le nombre de viols est par ailleurs supérieur à celui des petites villes. D’autres recherches plébiscitent la banlieue comme lieu idéal de vie. A la fois proche de la ville et de ses facilités, mais loin des problèmes qui y sont liés.

« Dans notre travail, nous ne donnons pas une solution, mais nous tentons d’expliquer comment certains phénomènes se produisent. C’est une analyse relative qui n’est pas absolue », souligne Luis Rocha. Si la population d’une ville double, le nombre d’accidents de la route ne doublera pas de manière proportionnelle. Afin de mieux appréhender les dynamiques complexes de la vie citadine dans le futur, les chercheurs ont l’intention d’étudier ces relations d’échelles plus en détails pour d’autres pays et pour des groupes d’âges différents.

Les mathématiques au servie du politique

En menant plus loin cette étude, les résultats pourraient être utilisés comme guideline des politiques publiques. Ils permettraient de déceler les besoins d’une ville à l’autre et de garantir, par exemple,  une égalité d’accès aux soins de santé pour tous.

 

Contact : Luis Rocha - luis.rocha@unamur.be
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