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Depollutair - Opération "air propre" à l'UNamur

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Dans son labo de l'UNamur, Tarek Barakat explique les avancées de ses travaux.

Des chercheurs namurois finalisent la mise au point d'un filtre catalytique qui permet d'assainir l'air ambiant. Ce projet Interreg GoToS3 est une collaboration entre les Universités de Namur, de Mons, de Gent et de Lille. Reportage de Gilles Toussaint - La Libre.be - Inspire

A intérieur comme à extérieur, les composés organiques volatiles sont partout.  Ils constituent un réel enjeu de santé publique.

Vous les sentez parfois, mais vous ne les voyez pas. Ils baignent pourtant votre vie quotidienne. "Ils", ce sont les composés organiques volatils (COV). Des composés chimiques qui existent à l'état naturel, mais qui sont également présents en masse dans les produits manufacturés et qui ont la particularité de se vaporiser très facilement à température ambiante . "Ils se transforment en vapeur et sont relâchés dans l'air", résume Bao Lian Su, professeur au département de chimie de l'Université de Namur.

Le problème, c'est que, aussi discrets soient-ils, ces COV ne sont pas anodins : ils présentent une série de risques tant pour la santé que pour l'environnement, poursuit notre interlocuteur.

Des molécules omniprésentes et nuisibles

Le parfum d'une rose, un feu de bois, l'odeur du cuir, les gaz d'échappement d'une voiture, la peinture qui recouvre les murs d'une habitation, les meubles, les huiles essentielles qui sont tellement à la mode… Les composés organiques volatils sont partout, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur.
Ils se déclinent en trois familles, détaille le Pr Bao Lian Su : les hydrocarbures à base de carbone et d'hydrogène (benzène, toluène, hexène…); les composés organiques oxygénés (formaldéhyde, acide acétique…) ou encore les hydrocarbures chlorés.

D'un COV à l'autre, le danger varie selon la molécule concernée et sa concentration, ajoute Tarek Barakat, docteur en chimie, qui l'assiste dans ses recherches. "Certains sont cancérigènes, d'autres peuvent poser des maladies respiratoires comme l'asthme ou même passer dans le flux sanguin. Ils se déposent sur les sols, contaminent l'eau et sont absorbés par les plantes et les animaux." Un danger encore amplifié par "l'effet cocktail" qui résulte de la combinaison incontrôlée de ces molécules entre elles.

Le moment où l'on est exposé à ces substances joue également un rôle, complète Bao Lian Su. "Le corps des adultes développe une certaine résistance, mais cela présente un danger pour les fœtus dont les cellules n'ont pas encore cette capacité."
En outre, les produits chlorés sont problématiques pour l'environnement, ils peuvent influer sur le climat ou détruire la couche d'ozone. Autant de bonnes raisons de chercher à réduire notre exposition.

Seek and destroy

Depuis une quinzaine d'années, le scientifique namurois et son équipe travaillent à la mise au point d'un procédé qui doit permettre de capter et de détruire ces indésirables COV.
Une mission de longue haleine menée en partenariat avec des chercheurs de plusieurs universités partenaires, belges et françaises, dans le cadre du programme européen Interreg France-Wallonie-Vlaanderen.
Baptisée "DepollutAir", la troisième phase de ces recherches a débuté l'an dernier. Une phase qui vise à mettre au point, d'ici quatre ans, des outils de traitement de ces polluants à destination des industries.

Au cours de ces années de recherches, les acteurs impliqués ont développé différentes méthodes qui permettent de capter ces composés organiques volatils en grande quantité et de les détruire. "Chacune de ces technologies a des avantages et des inconvénients. Mais utilisée seule, aucune ne permet d'éliminer les COV de façon suffisamment efficace. Et nous devons aussi veiller à ne pas créer de molécules résiduelles encore plus dangereuses", explique le Pr Bao Lian Su.

L'idée est donc de les combiner en un seul matériau multifonctionnel qui capte ces polluants par adsorption et les détruit grâce à ses propriétés catalytiques ou photocatalytiques. Ce qui, en schématisant, revient à les brûler. Ce matériau sera adapté selon les besoins et les particularités des industriels, précise-t-il.

Retrouvez les images sur LA LIBRE.BE - INSPIRE

Contact : Tarek barakat - tarek.barakat@unamur.be
Plus d'info : http://www.unamur.be/recherche/projets/fonds-structurels/depollutair
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