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La salive des chiens, meilleure ennemie de l’Homme

Cela fait plusieurs années que l’UNamur étudie une bactérie rare et méconnue que l'on retrouve dans la salive des chiens, et plus rarement des chats. Capnocytophaga canimorsus est pourtant loin d'être inoffensive. Ce germe peut en effet infecter l'Homme par des morsures/griffures ou par un contact avec des plaies existantes. Une fois dans le sang, il peut provoquer une septicémie conduisant dans 40% des cas au décès. Grâce à une bourse du Conseil Européen de la Recherche (ERC), le Pr. Guy Cornélis et Francesco Renzi de l’Institut Narilis cherchent à savoir comment l'Homme pourrait s'en protéger.

Les recherches concernant C. canimorsus n’ont débuté qu’au tournant des années 90.

«Il faut savoir que cette infection touche très peu de monde, de l’ordre de 4 patients pour un million/an. Et les premières traces de la bactérie se retrouvent seulement dans les années 60, aux Etats-Unis » révèle Francesco Renzi, chercheur à l’Unité de recherche en biologie des micro-organismes (URBM).

La maladie reste toutefois rarement diagnostiquée car elle se manifeste par des symptômes grippaux, sans marque d’infection.

« Elle touche davantage les personnes à qui on a du enlever la rate ou les personnes de plus de 40 ans, souvent avec des problèmes de foie » ajoute-t-il.

Plusieurs questions se sont rapidement imposées :  cette bactérie se trouve-t-elle dans la gueule de tous les animaux de compagnie ? Si oui, pourquoi si peu de personnes sont alors contaminées ?

8% des chiens testés sont porteurs

« Nous nous sommes attelés à trouver des éléments discriminants. Et nos recherches ont montré que l’infection chez l’humain est causée dans 90% des cas par certaines souches de la bactérie possédant un type de capsule très rare, qui agit comme une carapace » explique le microbiologiste Guy Cornélis, coordinateur du projet.

« Ces souches sont bien présentes chez les chiens, mais ne représentent que 8% de tous les C. canimorsus isolés du chien ».

Leur idée a donc été de prévenir l’infection en dépistant l’animal, grâce à un test.Pour se faire, les chercheurs prélèvent la salive des chiens, et déterminent si elle présente ou non les souches dangereuses pour l’Homme.

« Mais nous constatons aujourd'hui que la situation est plus complexe que prévue, concède le Pr. Cornélis. C. Canimorsus n’est en effet pas du tout pathogène pour le chien. Il n’y a aucun signe d’infection. Elle n’est qu’une bactérie parmi les 500 autres que l’on trouve dans le microbiote du chien. Un microbiote qui fluctue selon l’âge du chien, sa santé, ce qu’il mange, etc. ».

Tout cela rend sa détection plutôt difficile. Et les chercheurs remettent aujourd’hui en question cette idée de test de dépistage.

Des comportements problématiques

Une alternative serait encore d’éduquer les détenteurs d’animaux de compagnie aux bonnes pratiques. Car de mauvais comportements, liés à un nombre croissant de chiens comme animaux de compagnie, entraineraient possiblement une augmentation des cas d’infections.

« En prévention, les propriétaires de chiens doivent éviter d’avoir des contacts rapprochés avec leurs animaux, diminuant ainsi les chances de griffure ou morsure, et ne jamais se faire lécher une blessure » conclut Francesco Renzi.

Une autre idée serait de traiter en parallèle « l’ensemble des chiens, et ce de manière continue, grâce à un antibactérien spécifique intégré dans leur nourriture. Il existe ainsi d’autres pistes pour contrer C. Canimorsus » conclut Francesco Renzi.

 

Contact : Guy CORNELIS - +32 (0)81 72 44 01 - guy.cornelis@unamur.be
Plus d'info : https://www.unamur.be/recherche/actus/canimorsus
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