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Les écouvillons namurois passent leur deuxième test haut la main !

L’Université de Namur est une cheville ouvrière dans la détection du COVID-19 depuis le début de la crise sanitaire. L’augmentation importante du nombre de tests diagnostiques réalisés lors de la première vague a débouché sur une pénurie d’écouvillons limitant la capacité de test en Belgique à 3000 diagnostics PCR par jour en mars 2020. Dans ce contexte, l’équipe du professeur Stéphane Lucas, aidée par les équipes des Professeurs Benoît Muylkens (UNamur - URVI) et Philippe Eloy (CHU UCL Namur, site Godinne – ORL) ont travaillé ensemble sur de nouveaux dispositifs de prélèvement permettant de répondre aux enjeux de la crise actuelle.

Les écouvillons ont été dessinés et produits à l’UNamur par impression 3D, au sein du laboratoire LARN de l'Institut NISM (voir notre article précédent). Ils ont également été imprimés chez plusieurs fournisseurs externes afin de comparer leur reproductibilité, et essayer d’autres méthodes de production que celles disponibles dans nos murs.

Au final, ce sont 8 designs différents qui ont été imaginés et produits dans le cadre de ce projet via un processus itératif qui a pris plusieurs mois (design, production, retour de validation sur le terrain). Ceci représente également un total de près de 900 analyses PCR réalisées via les installations de NARILIS.

L’étude et ses résultats

Après avoir obtenu l’autorisation du comité d’éthique du CHU UCL-Namur, site Godinne, les performances des différents modèles d’écouvillon ont pu être testées sur un total de 100 volontaires sains.  Cette étude a eu lieu sur le site de l’UNamur début février.

Brièvement, un prélèvement a été effectué par un professionnel de la santé (ORL – CHU UCL-Namur) dans chaque narine du volontaire à l’aide d’un écouvillon différent, choisi de manière aléatoire parmi les différents modèles utilisés dans l’étude. De cette étude, le modèle T2 a émergé comme le plus intéressant. En effet, aucune différence significative n’a été observée en ce qui concerne la quantité de matériel biologique récolté, ce qui démontre sa capacité à récolter autant de matière qu’un écouvillon conventionnel et valide dès lors ses performances.

Une analyse statistique des résultats a pu également mettre en évidence que les prélèvements effectués à l’aide de ce modèle T2 permettaient de réduire significativement l’inconfort associé à la procédure. Suite au prélèvement, chaque volontaire était amené à évaluer le prélèvement en donnant une note allant de 0/10 (très douloureux) à 10/10 (aucune gêne ressentie). Alors que les écouvillons conventionnels obtenaient une note médiane de 4/10 (très inconfortable), le modèle T2 développé par les chercheurs du LARN obtenait une note médiane de 7/10 (légère gêne ressentie).  Cette réduction significative d’inconfort peut être expliquée par le choix des matériaux utilisés, qui permet d’obtenir un dispositif plus fin et flexible, s’adaptant aux déviations de la cloison que l’on retrouve chez deux tiers de la population saine. En plus de rendre ce prélèvement plus confortable, cet élément ouvre la voie à une valorisation dans le domaine pédiatrique.  En effet, bon nombre de prélèvements ne sont pas réalisés en raison de l’absence de dispositifs de prélèvement adaptés à la physiologie des enfants.

Notons qu’à titre de défraiement pour les volontaires, un dépistage de la COVID-19 était proposé sur les échantillons récoltés. Ce test annexe a permis de mettre en évidence des individus asymptomatiques parmi les volontaires et de valider l’utilisation potentielle des écouvillons pour le dépistage d’agents viraux.

Valorisation et perspectives

Ce projet, qui a rassemblé une équipe transdisciplinaire de chercheurs provenant des instituts NARILIS et NISM, a permis de développer en un temps record des écouvillons nasopharyngés plus confortables, produits par des voies différentes des méthodes traditionnelles et reproductibles à l’infini. 

Outre les possibilités à explorer dans le domaine pédiatrique et dans le domaine de la coopération dans un contexte de pénurie mondiale, un autre aspect fait l’objet de résultats prometteurs. C’est la possibilité de rendre la surface de l’écouvillon « virucide » afin de limiter les risques de contamination du personnel médical et de laboratoire. Cet aspect est d’ailleurs déjà investigué dans une thèse de doctorat en cours sous la supervision du Professeur Stéphane Lucas.  Enfin, d’autres applications vétérinaires sont en cours d’investigation.

Ce projet a bénéficié d’un Crédit Urgent de Recherche (CUR) de la part du FNRS (Projet Swab Improvement n°40002771). L’imprimante 3D du LARN a été financée grâce au soutien du public et des entreprises dans le cadre de la collecte de fonds de l’UNamur en 2020.

Contact : Sébastien Penninckx - sebastien.penninckx@unamur.be